Klavdij Sluban. Sneg

dal 23.03.2023 al 16.06.2023

Galleria del Cembalo

  • Autore/Autrice: Klavdij Sluban
  • Data Inizio: 23.03.2023
  • Data Fine: 16.06.2023
  • Dove: Galleria del Cembalo
  • Indirizzo: Largo della Fontanella di Borghese, 19
  • Orari: mercoledì - venerdì 15.30-19, sabato 11-19
  • Ingresso: libero
  • Tel. / Mob.: 06 83796619
  • E-mail: Questo indirizzo email è protetto dagli spambots. È necessario abilitare JavaScript per vederlo.
  • Descrizione Evento:

     

    Il 23 marzo 2023 la Galleria del Cembalo ha il piacere di inaugurare nelle proprie sale Sneg, una mostra fotografica con scatti di Klavdij Sluban, artista francese di origine slovena dedicatosi fin da giovane alla fotografia studiando a Parigi, instancabile viaggiatore che si muove in gran parte lungo gli itinerari tracciati dalle linee ferroviarie che dall’Europa portano a Est – come la Transiberiana –alla ricerca delle sue origini e del senso della Storia. La mostra sarà visitabile fino al 13 maggio 2023.
    Le fotografie esposte sono una selezione tratta da due serie dell’autore: Autres rivagesLa mer Baltique e Japan; tutto rigorosamente in bianco e nero, più precisamente in pellicola, nero, grigio e bianco, un esposimetro manuale in fondo a una tasca, usato raramente. Ad accomunare i due progetti fotografici è una presenza costante e consistente: la neve (sneg in sloveno, lingua materna dell’autore), soggetto silenzioso dei suoi scatti.
    Le immagini di Autres rivages sono il frutto di un viaggio lungo la penisola Balcanica e i Paesi bagnati dal Mar Baltico: mai completamente a fuoco, mostrano quelli che sembrano essere scorci ripresi casualmente in Polonia, Kaliningrad, Finlandia, Russia, Svezia e altre località dell’Europa dell’Est. Di contro il Giappone che Sluban restituisce con le sue fotografie è diverso da quello che siamo abituati a vedere: non giardini curati con alberi in fiore né grattacieli, ma vaste aree ricoperte di neve che ricordano piuttosto remote zone dell’Europa dell’Est, luoghi apparentemente inospitali, inaccessibili, solitari e isolati. In questa desolazione di fondo, a tratti fanno la loro comparsa dei volti, immobili quanto la neve ma pieni di compostezza ed espressività.
    Per il fotografo il viaggio si trasforma in un pellegrinaggio: l’attenzione, posta sulla vita che lo circonda, collega intimamente il viaggio alla fotografia. La sua è una ricerca personale rigorosa e coerente spesso ricca di riferimenti letterari. Nelle parole di Sluban: “Io propongo un viaggio nel quale l’occhio si lascia guidare tra la realtà del momento presente e le stratificazioni successive della Storia. Un viaggio nutrito di ricchezze passate che hanno impregnato i luoghi attraversati: San Pietroburgo dove Nabokov ha trascorso la sua infanzia, Kaliningrad, antica Köninsberg, città in cui vissero Kant e Copernico, lasciando la loro impronta nel pensiero filosofico europeo”. 

     

    Klavdij Sluban è un fotografo francese di origine slovena, nato a Parigi nel 1963 da genitori rifugiati. Lavorando con una macchina fotografica analogica, la sua è una ricerca personale rigorosa e coerente spesso ricca di riferimenti letterari, con i suoi neri profondi che conferiscono alla sua scrittura poetica un rigore e un’accuratezza esenti da qualsiasi tratto didattico o esotico.

    Eletto “Artista dell’anno” in Corea del Sud nel 2017, le sue fotografie in bianco e nero del mondo contemporaneo hanno un’immediatezza e una sensibilità che le avvicina ai margini della cronaca giornalistica. Grande viaggiatore, ha percorso l’Est europeo – i Balcani, il Mar Nero, l’ex Unione Sovietica, il Mar Baltico, la Siberia passando per le prigioni ed i campi disciplinari per adolescenti – per raggiungere infine il territorio spirituale del Giappone e l’America Latina.

    Ha ricevuto numerosi riconoscimenti tra cui il Prix de Photographie de l’Académie des Beaux-Arts dell’Istituto di Francia nel 2015, il European Publishers Award for Photography nel 2009, il Premio Leica nel 2004, il Premio Niépce nel 2000 e la Villa Médicis Hors-les Murs nel 1998.

    Le opere di Klavdij Sluban sono state esposte in prestigiosi musei quali il Museo della Fotografia di Helsinki, il Metropolitan Museum of Photography di Tokyo, il Centro Pompidou di Parigi e il Museo d’Arte Moderna di Città del Guatemala. Nel 2013 il Museo Niépce gli ha dedicato la retrospettiva Après l’obscurité, 1992-2012.

     

    Sneg

    Après l’Est de ses origines, Klavdij Sluban s’enfonce dans l’Est plus lointain. Ce Français au patronyme slovène est, à sa façon, témoin des géographies de l’Histoire. Il a parcouru l’Est européen, Balkans, mer Noire, Baltique, Sibérie, passant par les prisons et camps disciplinaires pour adolescents pour atteindre le territoire spirituel du Japon.

    La neige parcourt toute l'œuvre de Klavdij Sluban, comme un personnage récurrent.

    Sneg dans sa langue maternelle, le slovène, la neige est un compagnon de route - c'est un nom masculin - avec qui le photographe, inlassable, dialogue durant ses marches. Présente, vivante, organique, le portrait qu' en fait Klavdij Sluban est un éloge, en miroir de celui qui a grandi avec elle. Si « le photographe a la nostalgie de a neige maternelle de l'enfance qui le rebordait dans son coin de terre », écrit Erri de Luca sur le lien qui unit ces deux êtres, « la neige est devenue une lèpre blanche, elle ne recouvre pas le sol, elle le ronge. Son silence est devenu oppressant ». 

    Les photographies de Sluban reflètent la clarté et l’obscurité de son regard. Comme s’il se tenait debout au sommet d’une montagne, de laquelle il voit à la fois le jour et la nuit, les rêves et la réalité, le chemin de la vie qui va, montant et descendant. De ce point de vue éthéré, il créé un univers illuminé de l’intérieur.

    Il poursuit ainsi sa quête de la lumière dans l’obscurité, du blanc dans le noir, ce “désobcurissement” dont parlait Deleuze. Dans son alphabet génétique, ses parents ont dès les premiers mots inscrit la notion du déplacement à travers leur traversée de la nuit vers la ville lumière. Ce fils de réfugiés a cherché la lumière en sens inverse, dans le pays de leurs origines.

    Klavdij Sluban photographie avec un appareil argentique, en film noir et blanc, équipé d'un boîtier manuel et d’un objectif unique ; une cellule manuelle, dont il ne se sert pas toujours, au fond de la poche. En film noir, gris et blanc, pour être précis. Ce gris tchékhovien de la mélancolie slave. Son équipement se limite au strict nécessaire : tout le reste réside dans son interprétation et dans sa création. Voyageant sous-équipé, il crée son rapport au monde en faisant corps avec son appareil. Cette discrétion lui permet de se retrouver au cœur d’une situation sans en perturber le déroulement. La mise à distance s’opère alors par l’utilisation du grand angle et par le choix assumé de décadrer. Ce n’est pas l’événement qui fait la photo, mais le regard du photographe. Même au cœur de l’action, il se positionne en opérant un pas de côté. 

    La distance qu’installe le photographe entre le sujet et sa représentation, puis entre la prise capturée et son aboutissement, créent une œuvre cohérente, avec cette même écriture tendue à travers des cycles temporels longs qui s’imbriquent et se complètent. 

    Les cycles photographiques de Klavdij Sluban sont empreints de références littéraires qu'il se réapproprie pour représenter des non-lieux. Des îles Kerguelen au sud de l’océan Indien, jadis “Îles de la Désolation”, où il fut le premier artiste à participer à une mission en Antarctique, jusqu’à Hauteville House, une maison sur l’île de Guernesey dans laquelle Victor Hugo vécut quinze ans d’exil, il emplit de son regard des endroits désertés, inhabitables. Il exprime son point de vue avec une éthique artistique assumée, sans compassion ni complaisance. Ses images sont fortes car il les habite.

    Ainsi, Klavdij photographie et transmet son art dans des prisons pour adolescents depuis 1995. Il y mène un projet personnel commencé au Centre des Jeunes détenus de Fleury-Mérogis, où il travaille pendant sept ans par périodes de trois semaines, entre 1995 et 2001 puis en 2013 et 2014. D’un commun intérêt pour les prisons naît son amitié avec Henri Cartier-Bresson, qui l’accompagne durant toute cette période, ayant lui-même été emprisonné durant la Seconde Guerre mondiale. Il poursuit aujourd’hui ce travail dans les prisons d'Amérique du Sud, du Brésil et du Pérou, après l’avoir mené dans des prisons pour jeunes en ex-Yougoslavie (Slovénie et Serbie), en ex-URSS (Russie, Lettonie, Moldavie, Géorgie) ainsi qu’en Amérique centrale (Salvador et Guatemala). 

    Klavdij progresse pas à pas. Son cheminent intérieur se déroule d’un territoire à l’autre, une carte à la main. À quelle distance se trouve l’Est ? S’agit-il du dalni vostok (l’Est lointain), comme les Slaves européens appellent la Russie ? Ni leurs ancêtres, ni leurs descendants n’ont su délimiter leurs territoires. Ceci transparaît dans certaines photographies de Klavdij Sluban. Où se termine l’Est, son Est ? Veut-il en toucher le bout ?

    L'hommage à la neige présenté ici rassemble près de vingt-cinq ans d'images, nourries de l'imaginaire que véhicule le mot, au gré des pays traversés : Slovénie, Japon, Russie, Estonie, Suède, Chine, Lettonie, Finlande, Mongolie, Lituanie...

    Željko Kozinc, écrivain et poète slovène